dimanche 29 novembre 2020

Topographie 1: Les bases

 


La topographie fait parti de ces domaines souvent délaissés et sous-estimés. En effet, à l'heure du GPS, savoir lire et interpréter des cartes semble d'un autre temps. Pourtant, force est de constater que, aussi bien dans le monde civil que militaire, avoir des connaissances même sommaires dans la topographie, peut être très utile (perte de signal GPS, panne matériel, panne de pile etc etc).
Nous allons commencer ce premier article sur la topographie comme nous le faisons dans le blog depuis le début, à savoir une base de connaissances qui servira de socle pour y poser ensuite les savoirs plus approfondis.

Nous allons commencer par quelques définitions, déjà parce que cela nous permettra de bien nous comprendre quand nous emploierons certains termes, et ensuite parce qu'à l'armée, ils aiment bien les définitions. Ayant acquis mes bases là-bas, je répète donc le schéma.

Définitions:


    La carte: C'est la représentation sur un plan des mouvements du sol (nivellement) et des détails superficiels (planimétrie) d'une portion de la surface terrestre.

    Concrètement, on nous dit ici qu'une carte c'est simplement la représentation en 2D d'une partie de la Terre, sur laquelle on retrouve donc les mouvements du sol (montagnes, cratères etc) et les détails dit "superficiels" car ils peuvent changer (tel que les constructions, les forêts etc). Lorsque vous lisez une carte, si elle est âgée de plusieurs années, fiez vous plutôt aux mouvements du sol au lieu de faire confiance aveuglément à la planimétrie.
Que celui qui a déjà fait une course d'orientation avec une carte représentant parfaitement le terrain me jette la première pierre. Autant une forêt peut être rasée et une maison détruite, qu'une colline ou un thalweg ce ne sont pas des détails qui ce changent si facilement.

 

    Le nivellement: C'est la représentation plane et conventionnelle sur la carte du relief du terrain.

Rien de bien compliqué ici, on nous apprend simplement que le nivellement est simplement la représentation plane (à plat) des reliefs comme les montagnes, les canyons et tout autres reliefs positifs ou négatifs (qui montent ou qui descendent). Les 3 procédés que j'ai le plus rencontré pour représenter ces reliefs sur une carte sont:


- Les courbes de niveau:


On trace un trait qui relie tous les points ayant la même altitude (sur l'exemple ci dessus, tous les points à 200, 300, 400, 500, 600 et 700m). Concrètement, sur la carte, plus les courbes de niveaux sont rapprochées, plus ça va monter (ou descendre) raide. Parfois un petit détour fait gagner beaucoup de temps et d’énergie.

 

- Les hachures:


Avec ce procédé (utilisé plutôt sur les anciennes cartes), on visualise le terrain assez simplement et rapidement. Moins rependu que les courbes de niveau, il permet tout de même une bonne précision et rendu des reliefs. Par contre l'inconvénient comparé aux courbes de niveaux est qu'il ne permet pas d’estimer son altitude.

 

- L'estompage (aussi appelé l'ombrage):
Ce procédé, parfois utilisé en complément des courbes de niveau, viens simuler un éclairage solaire d'un certain angle (35° au dessus de l'horizon, au nord ouest) et donc projette les ombres des reliefs sur la carte. Plus l'ombre est grande, plus le relief est haut et plus l'ombre est foncée, plus la pente est raide.
C'est tout de même un procédé que je n'ai pas croisé si souvent.


    La planimétrie: C'est la représentation de l'ensemble des détails naturels et artificiels qui se trouve à la surface du sol (su la carte), représenté par des signes conventionnels.

Assez simple là aussi. Nous apprenons que la planimétrie est simplement la représentation sur la carte de tous les détails non liés au sol lui même. Elle regroupe donc toutes les forêts, chemins de fer, bâtiments, cimetières etc.
Il est précisé que ces détails sont représentés par des signes conventionnels. C'est à dire que la représentation d'une zone forestière a un symbole, les cimetières et les églises ont aussi leur propre symbole, comme les hôpitaux et tout autre bâtiment spécifique. Il suffit de regarder la légende de votre carte pour savoir quel symbole est utilisé pour quel détail.

 

    L’échelle: Rapport constant entre les longueurs mesurées sur la carte et les distances correspondantes mesurées sur le terrain dans la même unité.
Plus le dénominateur est petit, plus l’échelle est grande

Grande échelle: 1/10 000 - 1/20 000 - 1/25 000
Moyenne échelle: 1/50 000 - 1/100 000
Petite échelle: 1/200 000 - 1/250 000 - 1/500 000 - 1/1 000 000

On comprend donc que plus l'échelle est grande, plus la carte fournira des détails précis.


Les principales formes du terrain:

Les lignes caractéristiques:

- La ligne de thalweg: Intersection de deux versants dont la concavité est tournée vers le haut. C'est la ligne de rassemblement des eaux.
Définition assez pompeuse. La ligne de thalweg est simplement la ligne de fond entre 2 pentes qui descendent, comme on pourrait le voir entre 2 montagnes par exemple. Voici un schéma pour simplifier la compréhension.

Il est bon de préciser que, tactiquement, progresser sur une ligne de thalweg n'est, en général, pas recommandé.

 
- La ligne de faîte (ou de crête): Intersection de deux versants dont la concavité est tourné vers le bas. C'est la ligne de partage des eaux.
C'est tout simplement l'opposé du thalweg, c'est à dire la partie la plus en hauteur sur les versants des reliefs.


Le chemin de la photo ci-dessus suit la ligne de crête. Tout comme la thalweg, pour une progression tactique il est déconseillé de suivre cette ligne.

 

- La ligne de changement de pente: Intersection de deux portions d'un même versant de pentes différentes. Une ligne de changement de pente peut se trouver soit en saillant, soit en rentrant.
Encore une foi, la définition est compliqué pour expliquer une chose toute simple. Une ligne de changement de pente est simplement la ligne ou le degré de pente se mets à changer (en plus douce ou en plus raide, qui sera donc soit saillante (si elle ressort comme une bosse) soit rentrante).



Les formes simples:

-Le versant: Surface en pente comprise entre une ligne de faîte et un thalweg.
-La croupe: Mouvement de terrain en relief formé par deux versants se réunissant sur une ligne de faîte inclinée dans le même sens sur toute sa longueur.
-La vallée: Dépression du terrain constituée par deux versants qui se réunissent suivant une ligne de thalweg.


Les formes composées:

-Le mamelon: Mouvement de terrain en relief dont les versants s'abaissent de tous les cotés à partir du sommet.
-La cuvette: dépression formée par la réunion de plusieurs thalweg sans écoulement artificiel.
-Le col: Mouvement de terrain constitué par l'abaissement d'une ligne de faîte dû à sa rencontre avec une ou deux lignes de thalweg.
-L'éperon: Mouvement de terrain constitué par une croupe prolongée d'un mamelon.

 Je terminerais ici par une petite explication des "3 nord" que nous serons amené à rencontrer, ainsi que leurs relations:
Le nord Géographique (nommé NG)
Le nord Magnétique (nommé NM)
Le nord de la carte (nommé GN)

L'angle séparant NM de NG est appelé la déclinaison magnétique
L'angle séparant NM de GN
est appelé la déclinaison magnétique rapportée
L'angle séparant NG de GN
est appelé la convergence

La déclinaison magnétique est comptée positivement vers l’Est et négativement vers l’Ouest

C'est intéressant de connaitre ces notions car si nous nous repérons avec une boussole ou avec le soleil, nous n'utiliserons pas le même nord (NM dans un cas, NG dans un autre). Donc l'angle avec notre nord de la carte ne sera pas le même. Suivant notre position géographique il peut même y avoir des différences non négligeables.


Nous nous arrêterons ici pour ce premier article. Nous aborderons prochainement les différents calculs utiles et bien d'autres choses.

Merci à tous pour votre soutient et vos retours.

dimanche 22 novembre 2020

Combat 1: Les bases


 Introduction au combat:

Dans cet article je ne parlerais que des éléments de base que sont les actes réflexes et élémentaires du combattant (dans le combat TTA, nous aborderons le combat type infanterie ou SAS dans d'autres sujets). Ces bases doivent être bien comprises et intégrées à notre façon de faire, d’agir et de réagir. Avec un peu d’entrainement, elles sont utilisées bien souvent sans s’en rendre compte (d’où le terme d’actes « réflexes »).

I> Les actes réflexes du combattant :

C’est une liste d’actions qui, une fois connues, rendent les actes élémentaires d’une efficacité optimale (Par exemple, on ne peut pas se déplacer efficacement si on est incapable de s’orienter). Je vais ici faire la liste des actes élémentaires sans entrer trop dans les détails, car la plupart sont soit très simple, soit assez complet pour y dédier un article entier. Je ferais donc une description succincte et si vous avez besoin de plus de détails, je ferais des articles sur demande.
Le moyen mnémotechnique qui m’a été enseigné pour retenir ces actes est PPGARDCOCOM


              1 : Progresser :
C’est se déplacer en utilisant au mieux notre environnement afin de se soustraire aux vues et aux coups de l’adversaire. Le mode de progression est  adapté en fonction de l’effectif en mouvement, du type de terrain et du niveau de la menace.
(La progression se passera différemment si nous sommes un binôme à travers champs en zone sûre, ou une section en ville avec suspicions d’hostile)

 

              2 : (se)Protéger :
C’est prendre les mesures adaptées pour se mettre à l’abri des coups et des vues de l’ennemi.
(En utilisant des couverts, tel des souches, des plots de béton, le corps d’un ennemis etc)


              3 : Garder la liaison :
En cas de déplacement en groupe, il est primordial de pouvoir se déplacer en gardant à vue nos camarades.
(En déplacement dans une jungle ou un milieu urbain type « FAVELA », on peut vite perdre de vue le camarade devant nous, il est donc nécessaire de réduire les distances entre chaque personnel)

              4 : Apprécier une distance :
Il est important de savoir évaluer une distance, aussi bien pour être en mesure d’effectuer des tirs plus précis si la cible est éloignée mais aussi pour estimer un temps de marche restant pour atteindre une zone définie etc.
Il est possible d’évaluer une distance à la vue en utilisant des outils (comme des jumelles avec échelles de hausse ou le guidon de son arme par exemple) ou en se servant de distances connues (taille d’un terrain de foot, distance entre 2 points de repère mesurés sur une carte) mais aussi d’évaluer une distance au pas (pour mesurer une distance parcourue)

 

              5: Rendre compte :
Au sein de l’armée, le compte rendu est primordial. En effet, il permet de prévenir vos supérieurs de la situation et leur permet de prendre des décisions en fonction. Le compte rendu doit être le plus clair, précis et concis possible.
Pour mener à bien sa mission et disposer au mieux ses hommes, le commandement doit en permanence être au courant de la situation et position de chacun de ses éléments.
Cet attitude est valable même hors armée, à partir du moment où il y a une structure hiérarchisée.
(Compte rendu de départ et d’arrivé lors de déplacements, compte rendu sur une situation particulière comme un mouvement de foule, ou passage de véhicules ou autre. Les exemples sont aussi divers que les applications du compte rendu)

 

              6 : Désigner un objectif :
Les méthodes utilisées servent à désigner rapidement et efficacement un objectif afin de permettre sa localisation par nos camarades. Un moyen mnémotechnique efficace pour donner l’essentiel des informations est le DDRO : Direction – Distance – Repère – Objectif
(exemple: Direction : « à 3 heure » - Distance « à 400m » -  Repère « au pied du château d’eau » - Objectif « un groupe d’hommes armés »)

 

7 : Communiquer :
Communiquer c’est transmettre des informations à ses camarades par différents moyens, adaptés à la situation. On peut citer en exemple la communication à la voix, aux gestes, par téléphone, radio-phonie/graphie, signal lumineux, pigeons voyageurs, signaux de fumée et j’en passe.

 

8 : (S’)Orienter :
Il s’agit là d’être capable de déterminer et suivre une direction, ou être en mesure de se positionner face à la zone dangereuse. Il existe plusieurs méthodes pour s’orienter, la plus simple étant évidemment la boussole. Il est toutefois important de préciser qu’avec un peu de pratique, il devient assez simple de s’orienter de nuit avec les étoiles et de jour avec le soleil.

 

9 : (se) Camoufler :
Le camouflage sert à minimiser sa signature visuel afin d’être le plus discret possible. Il n’y a pas de camouflage « universel », celui-ci dépend bien évidement du terrain sur lequel il est utilisé. Il existe un moyen mnémotechnique (encore !) pour décrire les points important du camouflage : FOMECBLOT + PADE
              - Fond, forme : Le camouflage doit se confondre avec le paysage. Déguisé en buisson vert au milieu du désert n’est pas optimal.
              - Ombre : Se placer le plus possible dans les zones ombragées pour augmenter l’efficacité du camouflage.
              -Mouvement : Les mouvements vifs, brusques, sont facilement repérable et ce même si le camouflage est excellent. Si un mouvement doit être fait, faite le de façon « coulé ». Pensez aux mouvements des arbres et restez fluide.
              -Éclats : On retrouve ici les éclats de lumière dût à tout ce qui est lunettes, montres, bijoux, optiques d’armes, mousquetons etc. Soigner sa position par rapport au soleil (en prenant en compte sa trajectoire si on doit rester en place un moment) peu limiter fortement ce genre de détection.
              -Couleurs : C’est simple, en blanc dans la forêt ou en vert dans la neige, ce n’est pas optimal. Adapter sa couleur à son environnement.
              -Bruit : Au jour d’aujourd’hui le militaire est amener à accomplir ses missions avec beaucoup de matériel. Certains de ces matériels peuvent être bruyant comme la GORETEX TTA, le quart et la gamelle en métal, le sur-sac F2 en matière un peu « plastique » … Bref, une multitude de choses qui, en cas de mouvements, peuvent être amenés à faire pas mal de bruit. Tout cela est à prendre en compte et, bien évidemment, à éviter.
              -Lumière, lueur : Les sources lumineuses sont relativement nombreuses. On retrouve principalement les lampes (sur armes, à main ou frontale), feu, cigarette, briquet, téléphone portable, écran de radio etc. A allumer seulement si vraiment nécessaire. Une lumière, même relativement faible, peu se voir d’assez loin en pleine nuit. Et encore plus si l’adversaire procèdes des intensificateurs de lumière.
              -Odeur : Nourriture, parfum, gel douche, excréments etc. En plus de potentiellement attirer des animaux sauvages, une odeur portée par le vent peut se sentir de relativement loin et donc déceler votre position.
              -Traces : Inclus toutes les traces que vous pouvez laisser sur votre passage (trace de pas, de repas, de bivouac, étuis/munitions, branches coupées/cassées etc). Toutes ces traces sont un régal pour une équipe de pisteurs, qui pourrait être en mesure de déterminer ce que vous avez fait, à quel endroit vous l’avez fait, d’où vous êtes venu et dans quelle direction vous êtes reparti.

+

                            -Permanent : Le camouflage doit être permanent,continu. Rien de plus à dire.
                            -Adapté : Adapté aussi bien sur ses formes et ses couleurs qu'à la mission. Le camouflage sera différent si le but est d’observer pendant quelques jours depuis un poste ou s’il faut aller d’un point A à un point B sans se faire repérer.
                            -Discret : Ne pas trop en faire, sinon tous les efforts fait pour se dissimuler seront perdu. Rester dans le thème du terrain, mais sans dénaturaliser les lieux.
                            -Entretenu : C’est un peu la continuité du « PERMANENT », il ne faut pas hésité, si besoin, à retoucher son camouflage car la pluie, le vent, la sueur ou d’autres facteurs peuvent l'altérer  (feuilles qui s’envolent, toile qui se déchire, peinture qui coule etc)

 

 

              Une fois ces notions acquises, il nous faut les adapter à ce qui est appelé « les actes élémentaires du combattant ». Ils sont au nombre de 3 et chacun d’eux nécessite l’utilisation de plusieurs actes élémentaire.

1-      Se déplacer
où, par où, comment et quand. Nécessite de savoir s’orienter, progresser, garder la liaison, potentiellement mettre en œuvre son armement etc.

2-      Se poster
c’est s’installer sur le terrain en gardant à l’esprit le terme VITAL :
Voir (observer)
Invisible (sans être vu)
Tirer ou lancer une grenade
Abri (s’abriter)
Liaison (garder la liaison avec sa hiérarchie)
Nécessite de s'orienter, se camoufler, se protéger etc

3-      Utiliser son arme
C’est mettre en œuvre son armement en adaptant le type d’arme et le genre de tir en fonction des ordres et/ou de la situation. Il s’agit de : préparer le tir – tirer –rendre compte.
Nécessite d’apprécier une distance,mettre en œuvre son armement, rendre compte etc

 

N'hésitez pas à nous contacter pour toute critique constructive.
Nous continuons de rester à votre écoute pour savoir quel sujet vous intéresse.

A.

dimanche 15 novembre 2020

IST-C 3: Les positions de tir de base

 

 


 

Il existe là aussi trois familles de positions pour le tir IST-C de l'armée. Nous avons des tirs dit "debout", en "position intermédiaire" ou "couché". Elles ont chacune leurs avantages et inconvénients. En règle générale, les positions les plus rapide à mettre en place offre le moins de précision, et vice-versa.


I>                  Position debout :

Position de tir la plus courante, permet un tir plus rapide mais une précision et un couvert inférieur.

 

II>                Position 1 genou à terre :

Position de tir permettant de réduire sa silhouette. Peut être utilisée derrière un couvert (muret, jardinière de fleurs, roches etc). Meilleurs appuis que la position de tir debout, elle offre une meilleure précision.

 

III>              Position à genoux (2 genoux à terre) :

Position de tir particulièrement adapté au tir avec protections balistique. Bons appuis pour tir précis, vitesse de prise de position correcte.

 

IV>             Position accroupi :

Position de tir idéale pour un tireur posté derrière un couvert de faible hauteur (voiture, fenêtre etc). Permet de gérer sa hauteur afin de se lever pour tirer et redescendre pour se mettre à l’abri. Position rapide à prendre avec une bonne stabilité.

 

V>                Position assis :

Position de tir utilisée principalement sur des terrains accidenté (en pente). Très confortable, elle permet des tirs très précis.

 

VI>             Position couché ventrale:

Position de tir utilisé pour les tirs nécessitant un maximum de précision (longue distance) mais avec une prise de position plus lente.

 

VII>           Position couché costale :

Position de tir utilisé pour le tir avec port de GPB lourd ancienne génération. Peu confortable et plutôt lent à mettre en place. Peut avoir un intérêt si il y a un couvert assez bas (un haut trottoir, un petit bac à fleurs ou autre). Dans ce cas, la position couché costale peut avoir l'avantage de permettre le tir en couvrant un minimum une partie du corp.



A.

mercredi 11 novembre 2020

NRBC 1: Introduction et bases

 

Nous aborderons ici les premiers éléments à retenir concernant le risque NRBC (Nucléaire - Radiologique - Biologique - Chimique). Je ne rentrerais pas dans les détails de l'utilisation du matériel ici, mais plutôt sur les généralités, et les choses à savoir. Comme pour tous les sujets, il faut une base de connaissance solide pour ensuite pouvoir approfondir. D'autant que c'est un sujet relativement délicat et finalement peu abordé.

Nucléaire/radiologique:

Il existe trois types d'explosion: l'explosion souterraine (bombe enterrée), de surface (lorsque la bombe explose au sol. Voir HIROSHIMA et NAGASAKI pour le résultat...) ou aérienne (de basse, haute ou très haute altitude).

La puissance d'une bombe s'exprime soit en KT (kilotonne) ou MT (Mégatonne). C'est une unité basée sur la puissance du TNT, il faut savoir qu'une bombe nucléaire de 1KT aura une puissance égale à 1000 tonnes de TNT. Ce qui veut dire qu'une bombe de 1MT aura la puissance de 1000 KT soit 1 000 000 tonne de TNT.
Pour vous donner une idée des dégâts subit par le japon pendant la seconde guerre mondial, la bombe lâchée sur Hiroshima était d'une douzaine de KT et à Nagasaki une vingtaine de KT.
A côté de ça, lors de la surenchère de démonstration pendant la guerre froide, la plus grosse bombe testée a été la TSAR de la l'URSS avec... 50MT. Soit 3000 fois Hiroshima.
Voici une photo de l'explosion de cette bombe, vue de l'avion qui l'a lâché (qui par ailleurs y a réchappé de peu)

Photos prise sur le site de hitek.fr

Ils se sont d’ailleurs amusé (sur hitek.fr), avec un calculateur, à simuler les dégâts que produirait une telle explosion si la bombe était lâchée sur Paris, avec pour épicentre la tour Eiffel. Voici le résultat:

Voilà ce que nous étions capable de produire en 1961....

Cela étant dit, parlons des différents effets de l'arme nucléaire. En effet, contrairement à une bombe "classique", la bombe nucléaire à la particularité d'ajouter des petits effets KISS(pas)COOL:

50% de sa puissance de destruction est dites mécanique. C'est simplement le souffle colossal qu'elle produit à l'explosion, c'est la partie effet de bombe "normale".

Ensuite 35% d'effet luminothermique, auquel on peut intégrer la partie chaleur qui transforme le sable en verre, qui vitrifie la pierre et fais fondre la chair. Être proche de l’explosion, c'est un peu comme être proche d'un petit soleil.

Ensuite, 5% pour l'effet radioactif initial, c'est à dire les radiations direct de l'explosion et les 10% finaux pour la radioactivité résiduel, c'est à dire les radiations qui seront encore présentent lorsque l'explosion sera terminée.

Il y a un autre effet, non quantifié, qui est l'IEM (Impulsion Electro-Magnétique). En effet, le champ magnétique produit par une explosion à très haute altitude (environ 30km) d'une arme de 3MT aurait des effets sur un rayon de 2000km au sol (alors imaginez notre TSAR BOMBA... 33000KM de rayon au sol).


Chimique:

Les agents chimique sont classés selon leurs effets sur le personnel, leurs modes de pénétration et leurs persistances.
Concernant l'effet sur les personnes, on distingue deux familles:

Toxiques:
    - Les vésicants: Ypérite, Lewisite...
    - Suffocants: Phosgène, Chlore...
    - Toxiques généraux: Sanguins (Hydrogène arsénié, acide cyanhydrique...) et les Neurotoxiques ("G":Tabun, Sarin... ou "A": A4, Vx....)
La lettre pour les neurotoxiques (G ou A) désigne leur provenance. G pour Germany et A pour America.


Incapacitants:
    - Psychiques: LSD, Lysergamide...
    - Physique irritants: Lacrymogènes (CN, CB...), Respiratoire (Adamsite) ou cutanés (Dibenzo, oxazépine)

 Ces agents chimique ont plusieurs modes de pénétration pour atteindre les personnes:
    - Cutanée (action locale et direct sur la peau)
    - Percutanée (action sur l'organisme après avoir traversé la peau. Ces agents n'agissent donc pas immédiatement après le contact)
    - Inhalation (action par les voies respiratoire et les poumons)
    - Digestive (par l'ingestion d'aliment ou de boisson contaminé)

Concernant leur persistance, la seul chose à retenir c'est que les non-persistants sont essentiellement sous forme de vapeur et les persistants sont d'abord liquide puis se vaporisent.

Pour se protéger des agents chimique, le fantassin de l'armée de terre (et sûrement d'autre, mais je ne m'avance pas pour ne pas dire de conneries) a à sa disposition un ANPVP (Appareil Normal de Protection à Visière Panoramique) dont les cartouches filtrantes ont une durée de vie de 15jours en port continu ou 3 attaques successive.
Il dispose également d'une tenue de protection, appelé T3P (Tenue de Protection à Port Permanent) à mon époque, comprenant une veste, un pantalon, une paire de gant et une paire de chaussette. Cette tenue se porte à la place du treillis, même si bien souvent vous la porterez par dessus pour vos exercices (tant mieux en hiver, tant pis en été).
Elle résiste à une concentration de 10g/m² d'ypérite pendant 24h et protège contre le flash lumino-thermique.
Elle resiste en port continu pendant 1 mois hors contamination, 2 semaines en ambiance chimique vapeur et 24h après contamination liquide.


Nous verrons dans un prochain article les moyens de détection et de décontamination.
Portez vous bien.

Alpha.

dimanche 8 novembre 2020

IST-C 2: Les différentes postures

 




Il existe trois familles de postures enseignées au sein de l'armée de terre. Chacune est adaptée à une situation spécifique (en fonction de l’environnement, du danger ambiant et autres facteurs). En voici une description:


I>                  Les postures de sécurité

 -          Posture arme dans le dos :

La sangle (2 points) passe sur l’épaule faible, l’arme est pendante dans le dos et le canon est orienté vers le bas. Posture classique à adopter hors combat, pour se servir de ses mains, se déplacer ou monter dans un véhicule.

-          Posture arme devant (ou relâche) :

La sangle (2 points) est en sautoir autour du cou, l’arme est pendante sur la poitrine et le canon est orienté vers le bas. Posture de la sentinelle, elle permet de se servir de ses mains tout en étant prêt à utiliser son arme ou d’enchainer sur la posture patrouille. Permet aussi de descendre d’un véhicule.

-          Posture arme dans la saignée du bras :

Utilisé uniquement par les militaires pour les perceptions et réintégrations armurerie ou occasionnellement pour se déplacer les jours de cérémonies.

 

II>                Les postures patrouille

 -          Posture patrouille basse :

Main forte à la hauteur de la poitrine, main faible à la hauteur de la hanche, canon pointé vers l’avant et le sol et doigt le long du fût. Posture utilisé le plus souvent par les combattants aux aguets en mission de recherche et de renseignement (exemple : SENTINELLE). Elle permet de réagir rapidement en cas de danger.

-          Posture patrouille haute :

Main forte à la hauteur de la poitrine, main faible à la hauteur de l’épaule faible, index le long du fût, arme bien plaqué au corps pour avoir un champ de vision dégagé. Posture plus fréquemment adopté en zone urbaine, voir en forêt, afin de permettre une réaction rapide à une menace venant du haut (étages, toiture, terrasse, arbres etc). Peu également être utilisée, en passant la crosse sous son avant-bras fort, lors d’émeutes (pour éviter de se faire arracher l'arme des mains)

 

III>              Posture contact

Pieds écartés de la largeur des épaules pour obtenir une bonne stabilité, le pied faible légèrement en avant. Déverrouiller les genoux (souplesse), la partie supérieure du corps penchée légèrement en avant avec la ligne d’épaules face à l’objectif. L’arme est épaulée, canon légèrement vers le bas pour dégager le champ de vision.

 

 

 

A.

Topographie 2: Les caculs de base

  Dans ce second volet dédié à la topographie, nous allons voir quelques calculs de base. Pour ceux que ça intéresse, nous essaierons de fai...